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La culpabilité : ce qu’elle te fait payer (et comment arrêter de la laisser piloter!)

Pourquoi commencer par la culpabilité ?

Parce que c’est souvent elle qui tient la télécommande.

Dans mes accompagnements, je peux travailler les émotions, le système nerveux, l’estime de soi, le miroir déformant, la sur-adaptation… oui. Mais très souvent, tout commence par la même racine : la culpabilité.

Celle qui te fait te plier en dix pour ne pas déranger. Celle qui te fait croire que tu dois “mériter” ta place. Celle qui te pousse à faire entrer un carré dans un rond… et à te sentir mal si tu n’y arrives pas.

Et elle prend deux visages, selon ton histoire :

  • Version Caméléon : “si je ne m’adapte pas, je suis égoïste / je déçois / je suis une mauvaise personne.”

  • Version Atypique (miroir déformant) : “je suis un problème.”


    Un jour, l’un de mes enfants m’a dit :

“Quand j’étais plus petit, je me sentais coupable de vous poser autant de problèmes.”

...Et cette phrase-là, elle dit tout, elle t'interpelle : parfois la culpabilité n’est pas “ce que tu as fait”, c’est “ce que tu crois être”.

Donc oui : on commence par là!!

Parce que tant que la culpabilité pilote, tu peux apprendre toutes les techniques que tu veux… tu continueras à te plier, anticiper, compenser — et t’oublier au passage.


La culpabilité ne débarque pas avec une sirène. Elle arrive en chaussons. Elle te parle doucement. Elle a même l’air “raisonnable”.....Et pourtant… c’est souvent elle qui prend le volant.


Je te vois venir : “Ok, mais si je ne culpabilise pas, je deviens égoïste ?” Non, Non. Tu deviens juste… vivante. Nuance!


Les déguisements (très crédibles) de la culpabilité

La culpabilité est une actrice de génie. Elle peut jouer beaucoup de rôles :

  • la gentille : “je ne vais pas dire non, ce serait égoïste”

  • la loyale : “je dois être là, sinon je suis une mauvaise fille / mauvaise mère / mauvaise amie”

  • la responsable : “si je ne le fais pas, personne ne le fera”

  • la mature : “je ne vais pas faire de vagues”

  • la parfaite : “ce n’est pas assez bien, je recommence”

Tout ça a l’air noble. Sauf qu’à un moment, quand “être bien” devient un devoir, ce n’est plus de la bonté… c’est de l’auto-essorage.


Le vrai prix (celui que tu paies en douce)

La culpabilité te fait payer en :

  • fatigue (celle qui colle, qui use, même après une nuit de repos)

  • surcharge mentale (le cerveau en onglets permanents)

  • sur-adaptation (tu changes de forme pour que tout le monde soit ok… sauf toi)

  • irritabilité (tu souris, puis tu exploses pour une cuillère de travers)

  • baisse d’estime (tu fais énormément, et tu as l’impression que ce n’est jamais assez)

Et le pire ? Tu finis par croire que toi tu es le problème, alors que c’est juste un mécanisme qui a pris trop de place.

....Et parfois, c’est encore plus sournois....: tu te rends utile (par réflexe, pas par calcul) pour avoir le sentiment d’avoir le droit d’exister à travers les autres — on en parlera dans l’article 4, tranquillement, parce que quand on met la lumière dessus ça peut secouer… et promis, ça se soigne :)

Et il y a un autre effet secondaire, très humain : la déception. Quand tu fais beaucoup, souvent sans rien demander, tu finis parfois par attendre que les autres fassent “un peu pareil”. Pas par méchanceté. Par logique interne : si moi je pense à toi, tu vas penser à moi. Sauf que les autres n’ont pas forcément conscience de tout ce que tu portes… et surtout, ils ne fonctionnent pas tous comme toi. Résultat : tu te sens incomprise, seule, déçue. Et comme tu ne demandes rien (par fierté, par peur, par habitude), tu compenses… en faisant encore plus. Bref : tu t’épuises et tu te déçois toi-même. (On connaît le scénario. On va le casser.)


Deux culpabilités différentes… mais un même poison !!

La culpabilité ne vient pas toujours du même endroit. Et c’est important, parce qu’on ne la désamorce pas pareil.

1) La culpabilité du Caméléon : “si je ne me plie pas, je suis une mauvaise personne”

Tu connais le scénario : tu sens une tension (réelle ou imaginée), et ton cerveau passe en mode “prévention incendie”.

Tu ne réponds plus à ce que la personne a demandé. Tu réponds à ce que tu imagines qu’elle pourrait penser si elle prenait mal ton « non ».

Donc tu anticipes, tu compenses, tu arrondis, tu te justifies, tu t’excuses d’exister…et tu finis par essayer de faire entrer un carré dans un rond. 😊 !

Et si tu ne le fais pas ? Tu te sens coupable. Pas parce que tu as fait quelque chose de mal. Parce que tu as fait quelque chose de vrai.

(Traduction : tu as confondu “être aimée” avec “ne jamais déranger”. Ça se comprend. Mais ça se déconstruit.)

2) La culpabilité de l’atypique : “je suis un problème” ☹...

Ici, on est sur une culpabilité qui ressemble moins à “j’ai fait une bêtise”… et beaucoup plus à “je dérange”.

C’est exactement ça, le miroir déformant : tu ne te sens pas coupable de ce que tu fais, mais de ce que tu crois être.

Quand on te renvoie (parfois sans le vouloir) que tu es “trop”, “compliqué”, “fatigant”, “pas comme il faut”… tu peux finir par croire que ta simple existence dérange. Ce n’est pas une culpabilité “morale”. C’est une culpabilité identitaire : je prends trop de place, donc je dois disparaître un peu.

Cela peut être violent, choquant, mais tant que ce n'est pas dit, cela ne parait pas possible qu'un proche ressente cela et pourtant.....

Et non, ce n’est pas “risible”. C’est humain. Et ça se répare.


Coupable ou responsable : on remet les mots à leur place

Parce que là, ils se prennent pour des rois.

  • Responsable, c’est : “je fais ma part”.

  • Coupable, c’est : “je veux sauver tout le monde et je m’en veux de ne pas y arriver”.

Et là, je te le dis avec beaucoup de tendresse : tu n’es pas le sauveur de tout le monde. Aimer, ce n’est pas se plier en origami pour que tout le monde soit à l’aise… sauf toi.

(Respire!!!! Tu viens peut-être de lâcher un vieux contrat.) 😊


3 questions pour remettre la culpabilité à sa place

La prochaine fois qu’elle débarque, fais simple. Fais factuel.


  1. De quoi je me sens coupable, exactement ?

    Pas “je suis nulle”. Pas “je gère mal”.

    Qu’est-ce qui s’est passé, concrètement ?


  2. Qu’est-ce qui dépend réellement de moi ?

    0% ? 10% ? 30% ?

    Ça calme très vite les fantasmes de toute-puissance.


  3. Qu’est-ce que je ferais si je me traitais comme quelqu’un que j’aime ?

    Tu parlerais à une amie comme tu te parles là ?

    Eh…Non. Donc… voilà !


Micro-action de la semaine (petit geste, gros effet)

Tu choisis une seule situation. Une. (Oui, je sais, tu veux sauver tout le monde. Mais non.)

Et tu remplaces “je devrais” par :

  • “je peux / je ne peux pas”

  • “je choisis / je renonce”

  • “j’ai envie / je n’ai pas envie”

  • “je peux le faire à ce niveau-là… pas plus”

Tu vas sentir un truc : ton corps comprend tout de suite...


La culpabilité, beaucoup moins. Tant mieux!! 😊


Pourquoi je travaille ça sur deux terrains

Parce que ça recouvre deux réalités très liées :

  • CaméLion : quand on se sur-adapte jusqu’à perdre ses couleurs.

  • AtypiCare : quand on grandit dans un miroir déformant et qu’on finit par se croire “le problème”.

Deux portes d’entrée différentes, un même objectif : te remettre à ta place. La tienne. Pas celle que la culpabilité a négociée pour toi.


Et la suite logique : les limites (le “cadre” qui calme la culpabilité)

La culpabilité, c’est une voix interne. Les limites, c’est un cadre externe.

Et souvent, au début, poser une limite fait monter la culpabilité… puis ça la fait chuter, parce que tu te prouves que :

  • le monde ne s’écroule pas,

  • les relations solides tiennent,

  • et toi tu récupères de l’air.

Prochain article : Les limites : le vaccin contre la culpabilité (avec effets secondaires les 3 premiers jours). 😉


Si tu te reconnais là-dedans et que tu veux arrêter de porter trop, trop longtemps : on peut le travailler en séance. Parfois une seule séance suffit à faire tomber un gros morceau — celui qui te fait croire que tu dois mériter ta place!

Si tu veux travailler cela en séance tu peux m'écrire ici, ou réserver un premier échange .


 
 
 

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